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Ukrainiens, Biélorusses ... Libérez l’@ctiviste qui est en vous!

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Le « Jour de Colère » de l’Ukraine contre son président, le 14 mai, a été organisé en ligne. En Biélorussie, le web est la seule échappatoire à la propagande du régime, à l'heure où Andreï Sannikov, le principal opposant au président Loukachenko, vient d'être condamné à cinq ans de colonie pénitentiaire.

Peter Ludlow, militant pour les cyber-libertés et professeur de philosophie à la Northwestern University, analyse pour cafebabel.com les enjeux de cette nouvelle connexion entre web et politique aux confins de l'Union Européenne.

 Le 14 mai, le « Jour de Colère » est célébré partout en Ukraine. Organisé par le mouvement de la Chose Commune (« Спільна справа ») contre les réformes anti-sociales du président Viktor Ianoukovitch, des groupes de soutien ont tout de suite été créés sur Vkontakte et Facebook. En Biélorussie voisine, dont le régime liberticide ne ménage pas les manifestations de l’opposition, Internet est le seul média donnant accès à des informations autres que celles de la propagande officielle de l’État. Cependant, une grande partie des supporters du régime (qui habitent à la campagne ou sont âgés) ne sont pas des utilisateurs actifs d’Internet, et il est donc difficile d’imaginer un scénario comparable. Entretien avec Peter Ludlow sur la refonte de l'environnement médiatique.

cafebabel.com: Peter, la transparence absolue est-elle dangereuse pour notre capital social et notre confiance ?

Peter Ludlow: Les gens ne sont pas particulièrement transparents sur Facebook. Beaucoup de gens font attention à choisir leurs photos. Certaines personnes ne le font pas très intelligemment (sans penser à des employeurs potentiels), mais elles sélectionnent ce qu’elles montrent. Ils montrent juste les mauvaises choses aux mauvaises personnes.

cafebabel.com: La transparence peut-elle être dangereuse au niveau politique (diplomatique) ?

Peter Ludlow: Ce n’est pas particulièrement dangereux, bien qu’on puisse dire que ça pourrait être difficile de mener une diplomatie dans un environnement transparent. Par exemple, on pourrait avancer que sans une certaine réserve, la crise des missiles cubains de 1962 aurait conduit à une guerre nucléaire. L’opacité était nécessaire dans les négociations, pour que les États-Unis puissent proposer de retirer des armes de Turquie, en échange de quoi la Russie retirait ses têtes nucléaires de Cuba.

cafebabel.com : Est-ce qu’on peut considérer l'espace numérique comme un nouvel espace public aujourd’hui ?

Peter Ludlow : Si un espace recueille la majorité des communications dans nos vies sociales et professionnelles, alors il devrait être considéré comme un espace public. Les organismes privés ne le voient peut-être pas comme tel, mais s'ils contrôlent les principaux moyens de communication, ils prennent en effet la responsabilité de la protection de moyens de communication. C’est leur rôle de gérer cet espace public.

cafebabel.com: Wikileaks, BalkanLeaks, BrusselsLeaks et compagnie peuvent-ils influencer les décisions politiques ?

Peter Ludlow : Ils ont déjà un impact important ; la révolution en Tunisie a été en partie alimentée par des révélations de WikiLeaks, par exemple. Je m’attends à ce que ce genre d’événements soient de plus en plus fréquents dans le futur.

cafebabel.com: Les journalistes et les blogueurs doivent-ils s’engager dans l’activisme sur Internet ?

Peter Ludlow : On devrait tous le faire. L’objectivité, ça ne veut pas dire être politiquement inerte — ce qui est une position “très” politique, d’ailleurs — cela signifie qu’on doit reconnaître le status quo. Personne n’est objectif, et aucun reportage n’est vraiment équilibré. Les gens devraient être transparents à propos de leurs convictions politiques, et faire de leur mieux pour essayer de dire la vérité.

cafebabel.com: Quels sont les avantages du “crowd sourcing” pour les médias traditionnels ?

Peter Ludlow : Les même avantages que pour toutes les applications du crowd sourcing. La foule est plus intelligente que l’individu. Dans le cas des médias, elle fournit des yeux et des oreilles supplémentaires, ainsi que beaucoup de gens qui peuvent vérifier l’exactitude des informations. Le crowd sourcing n’est pas parfait, mais c’est une ressource précieuse pour les médias traditionnels.

cafebabel.com: Nouveaux médias et médias traditionnels doivent-ils interagir et coopérer ?

Peter Ludlow : Ont-ils une raison de ne pas coopérer dans tout ce qu’ils font ? Les médias traditionnels peuvent ajouter une bonne dose d’analyse et de vérification des faits sur l’information donnée par les nouveaux médias. Il y a une écologie médiatique importante. Les nouveaux médias et les médias traditionnels jouent tous les deux un rôle crucial dans ce système. Chacun est enrichi par l’existence de l’autre.

Translated from Ukraine, Belarus, Egypt...free the online activist in you