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Maxim Gunjia : «La réaction des Etats-Unis a été ouvertement pro-Géorgienne»

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Culture

Critiquant l’attitude de Saakashvili, le ministre délégué aux affaires étrangères d'Abkhazie, l'autre province séparatiste de Géorgie, revient sur les événements du mois d’août dans son pays.

Comment la guerre a-t-elle affectée l'Abkhazie ?

Il n'y a pratiquement pas eu de combat ici, mais notre armée a conduit avec succès et des pertes limitées une opération dans la partie haute des Gorges de Kodor en Abkhazie, ce qui a permis de repousser les forces géorgiennes qui y étaient postées dans l'intention d'attaquer l'Abkhazie.

Comment la diaspora abkhazienne en Europe a-t-elle réagi ?

La plupart des 24 000 Abkhaziens de la diaspora sont concentrés en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Il y a eu de nombreuses campagnes de protestation, particulièrement en Turquie. Le plan de paix du président Nicolas Sarkozy est un bon plan; il jette des bases à partir desquelles nous pourrons revendiquer plus fortement notre indépendance sur la scène internationale.

Comment les médias occidentaux ont-ils réagi ?

La réaction des Etats-Unis a été très tranchée et ouvertement pro-Géorgienne. CNN et la BBC ont montré des séquences filmées à Tskhinval, en les présentant comme si elles provenaient de la ville géorgienne de Gori. Ils ont publié des photographies de Géorgiens saluant l'armée géorgienne en marche vers l'Ossétie du Sud, en expliquant qu'il s'agissait d'Ossétiens du Sud saluant l'armée Géorgienne. Lorsque les médias occidentaux ont fait mention de la mort de plus de 2000 civils, c'était de manière anecdotique, comme s’il s’agissait des dernières fluctuations des taux de change.

Ils ne retransmettent que des interviews du président Mikheil Saakashvili, qui ne peut pas répondre aux questions de manière objective. Il n'y avait pas de journalistes internationaux à Tskhinval, à part ceux venus sur les tanks géorgiens. Les premiers jours, ils ont montré des bombardements venant de l'artillerie géorgienne en les présentant comme si c'était la Russie qui bombardait la Géorgie. De manière significative, ils ont été silencieux durant les premiers jours de l'attaque, et se sont ensuite soudainement mis à parler de l'invasion de la Géorgie par les Russes. Il y a eu beaucoup d'autres exemples d'information faussée.

De leur côté, comment se comportent les médias en Abkhazie ?

Les médias abkhaziens ne sont pas aussi développés qu'en Occident, ni même qu'en Géorgie, où les médias ont le soutien d'experts occidentaux. Mais ils sont plus libres qu'en Géorgie. Saakashvili a bloqué l'accès à la plupart des informations en Géorgie, coupant ainsi le peuple de certaines nouvelles. En Abkhazie, quelles que soient les circonstances, il serait impossible de contrôler les médias comme cela.

La Géorgie est-elle européenne pour d'autres raisons ?

La Géorgie n'est pas européenne. Comment Saakashvili peut-il donner un discours en posant devant un drapeau européen ? Il n'a de cesse de répéter le mot « démocratie ». S'agit-il d'une formule miracle à l'adresse des auditeurs occidentaux ? La Géorgie peut-elle encore être considérée européenne après ses tentatives répétées d'impliquer l'Europe dans un conflit avec la Russie et de propager l'instabilité à la périphérie de l'Europe ?

Connaissez-vous des Abkhazes qui prennent la parole pour soutenir la Géorgie ?

Il y a quelques petits groupes de réfugiés géorgiens qui sont revenus en Abkhazie et soutiennent activement la Géorgie.

L'Abkhazie dans la chronologie

7 - 8 août : La Russie attaque la Géorgie.

« Nous mobilisons notre armée et proposons une aide humanitaire et un soutien politique à l'Ossétie du Sud. Nous condamnons ouvertement l'agression georgienne. »

12 août : « Fin » des combats. Cessez-le-feu négocié par l'UE

« Nous lançons une opération dans les Gorges de Kodor. Une menace directe pour notre sécurité. »

21 août : la Russie suspend son alliance avec l'Otan

« Un rassemblement national s’organise pour appeler la Russie à reconnaître l'Abkhazie. »

22 août : Moscou « se retire »

« Nous appelons la Russie à signer un traité militaire avec l'Abkazie et à maintenir des forces en Abkhazie pour nous protéger. »

1 septembre : Sommet d’urgence EU/Russie

« Ce serait injuste de donner la parole à la Géorgie seulement, qui fera encore une fois le récit de sa formidable démocratie en péril sous les attaques russes. Je n’y verrai qu’un lavage de cerveau de plus, si toutes les parties du conflit n’ont pas leur mot à dire, à savoir l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. »

Translated from Abkhazia's Maxim Gunjia: 'the US reaction was openly pro-Georgian'