
Commission 2010-2014: un bulletin de mi-mandat
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Par Aris Kokkinos La sortie du rapport de Burson-Marsteller est toujours un événement. Suite au succès de l’édition 2011, sur le bilan de la première année de Barroso II, Burson-Marsteller propose maintenant un deuxième sondage.
Le 13 novembre, trois panélistes ont livré la primeur de leur analyse: David Earnshaw, directeur général de B-M Bruxelles, David Harley, conseil principal , et John Wyles, journaliste à European Voice.
Principaux résultats du bulletin de la Commission Barroso II Neelie Kroes: 6/10. Réussite. Catherine Ashton: 2/10. Echec. John Dalli: Mauvaise conduite. Abandon. Note d’ensemble: Doit mieux faire!
Mené en collaboration
avec EurActiv, ce second
rapport compte 811 réponses (322 dans le premier). La plupart des
répondants appartiennent à la «bulle administrative»:
fonctionnaires communautaires et nationaux, consultants,
représentants de sociétés... 96,8% sont ressortissants de l’UE,
3,2% du reste du monde. Le cœur de cible est lié de près aux
institutions. Comme l’a précisé David Earnshaw, plutôt que les
avis sur chaque Commissaire, l’élément important du rapport est
l’évaluation de la prestation politique générale de la
Commission. Avec seulement 0,9% d’opinions positives contre 23,1 %
d’opinions négatives, le résultat est mauvais. Circonstance
atténuante: comme en 2010, la Commission est tributaire d’une
actualité difficile. David Harley a rappelé que ces avis négatifs
n’ont rien d’étonnant à l’heure actuelle.
Essuyant les
plâtres de l’UE post-Traité de Lisbonne, Barroso II a dû
s’adapter à la nouvelle présidence bicéphale (Conseil et
Commission), à un Parlement Européen renforcé, à une Banque Centrale Européenne omniprésente.
Circonstance aggravante: plus encore qu’en 2010, la Commission a un
énorme problème d’image. La différence entre Neelie Kroes et
Catherine Ashton s’explique aussi par l’image. La première,
chargée de l’agenda numérique,
excelle dans l’usage des réseaux sociaux. La seconde, chargée du tout nouveau Service européen pour l'action extérieure,
est sous le feu des critiques médiatiques.
Autre enseignement crucial relevé par David Earnshaw: la plupart des
répondants espèrent l’arrivée d’une figure forte à la tête
de la Commission. John
Wyles appréhende la tentation bonapartiste d’une partie de l'opinion, mais l’Europe
technocratique, telle qu’elle fut élaborée par Jacques Delors, ne
fait plus rêver. La personnalisation croissante des rapports
politiques, entre dirigeants des institutions et des Etats membres,
entraîne l’attente d’un véritable leadership. A la question
«Qui voudriez-vous
voir nommé comme prochain président de la Commission?», Angela
Merkel (PPE) reçoit 19,3% d’opinions favorables, Guy Verhofstadt
(ALDE) 17,9% et Tony Blair (PES) 16,3%. A la question corollaire «Qui
est susceptible
selon vous d’être nommé prochain président de la Commission?»,
Verhofstadt et Blair sont à nouveau cités (9,1% et 8,5%), suivis de
José Manuel Barroso (PPE), crédité à 8,2%.
Ce rapport n’a pas de valeur officielle, mais c’est un thermomètre d’une frange décisive de l’opinion publique. Ses conclusions vont être largement commentées dans la sphère bruxelloise, et bien au-delà. La Commission doit en tenir compte. L’actualité le rappelle, elle est aux prises avec plusieurs épreuves: le budget 2013 sera adopté après de dures négociations, la dette publique s’étend, la grève européenne du 14 novembre s’est érigée contre l’austérité. Il reste moins de deux ans à Barroso II pour se montrer à la hauteur des enjeux, tout en améliorant son image. C’est une mission difficile. Le prochain rapport dira si elle est, ou si elle n’est pas, impossible.
(Photo Credits - Burson-Marsteller)Translated from Commission 2010-2014: a midterm report