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Rebecca Covaciu : des traits de crayon qui en disent long

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Default profile picture Nina Delaye

Culture

La journée internationale des Roms sera célébrée le jeudi 8 avril. L’occasion de découvrir Rebecca Covaciu, lauréate du prix Unicef 2008. L’association italienne EveryOne, qui défend les droits de l’homme, médiatise cette très jeune artiste rom et à la rue.

Rebecca Covaciu a treize ans. Son histoire est classique : sa famille a quitté son village d'origine, proche de Timisoara, en Roumanie, pour chercher du travail ailleurs. Après une première étape en Italie, toute la famille est partie pour l’Espagne. Rebecca, son père Stelian qui est pasteur évangélique, sa mère Giorgina et ses trois frères, Samuel, Abdel et Manuel, retrouvent alors un parent qui leur fait miroiter une possibilité d'emploi… qui n'aboutit finalement à rien. La famille retourne alors à Milan, où elle vit de la charité et bénéficie de l'aide du groupe EveryOne, une organisation internationale de défense des droits de l’homme.

Sauf que Rebecca dessine et qu’elle est plutôt douée. Le collectif d’artistes Watching the Sky découvre ses œuvres et décide de les faire connaître au niveau international. Un professeur de la Nouvelle Académie des Beaux-arts de Milan remarque à son tour le talent de la fillette. Un membre du comité de direction de l’Académie, Salvatore Amura, organise alors une exposition consacrée aux travaux de Rebecca. La jeune artiste est ensuite invitée à présenter ses dessins pour le prix Unicef, qu'elle remporte en 2008, avec une série intitulée « Des souris et des étoiles ». Ses dessins sont exposés dans le cadre d’une exposition sur la commémoration de la Shoah organisée à Naples, ainsi qu’au musée d’art contemporain de Hilo, dans les îles Hawaï.

Pendant un temps, les Covaciu habitent dans une maison de la province de Basilicate qu’une famille leur prêtre. Mais les parents de Rebecca ne trouvent pas de travail dans cette région et reviennent à Milan où d’autres particuliers les hébergent. Les enfants vont aujourd’hui à l’école et Rebecca suit des cours de dessin et de peinture à la Nouvelle Académie des Beaux-arts de Milan. La famille Covaciu vit toujours de la charité et ses voisins ont lancé une pétition pour qu’ils soient expulsés du quartier. Rebecca, puis son père, ont été agressés et brutalisés l'été dernier.

Le 23 mars 2009, le groupe EveryOne a remis à Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés italienne, un dessin de Rebecca afin d'attirer son attention sur la campagne xénophobe et discriminatoire orchestrée par le gouvernement depuis l'année passée et qui a pour cible les immigrés, surtout en situation irrégulière, et en particulier, les Roms.

« C'est une œuvre touchante, superbe », a déclaré Gianfranco Fini. « La famille de Rebecca n'a que trop souffert. Aujourd’hui, nos institutions doivent prendre des mesures pour lui permettre de vivre dignement et de permettre ainsi au talent de cette petite fille exceptionnelle de se développer en toute sérénité. »

(Photo de Steed Gamero)

« Ma chère Europe » est une interview vidéo de Rebecca dans laquelle elle appelle à mettre fin aux discriminations envers son peuple. Elle s'adresse à l'Europe qui lui paraît être l'ultime institution à laquelle faire appel, le dernier pouvoir vers lequel se tourner.

(Steed Gamero)

Les dessins de Rebecca seront exposés du 1er au 11 avril au festival autour de la culture tsigane, Latcho Divano, qui se tiendra à Marseille. (http://latchodivano.free.fr/)

Translated from Rebecca Covaciu disegna l'Europa

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