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Ma guerre lasse contre Facebook

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Nous entamons une série de petits articles pour vous expliquer pourquoi Cafébabel est en train de changer et à quoi ressemblera votre magazine préféré dans le futur. Nouveaux plans, nouveaux visages, nouvelles sections et bien sûr, nouvelle ligne éditoriale. Rien que ça.

Vous vous êtes déjà battus contre un algorithme ? C’est un peu comme faire du shadow-boxing ou littéralement donner des coups d’épée dans l’eau. Si je devais faire appel à la pop-culture, je dirais que je suis un peu comme Edward Norton dans cette scène de Fight Club – attention spoiler – où il pense se battre avec Brad Pitt alors qu’il se met des grands uppercuts tout seul.

Penser la stratégie d’un média indépendant sur les réseaux sociaux n’est pas un long fleuve tranquille. C’est une descente en eau vive. Récemment, Facebook a changé son algorithme afin de privilégier les posts des « proches » : les amis, la famille... Résultat : les publications des médias comme le nôtre ont peu à peu disparu du fil d’actualité de nos lecteurs (mais vous pouvez y remédier tout de suite). Le trafic de nos articles dépend parfois à plus de 60% de Facebook. Il a donc fallu s’organiser. C’est pourquoi aujourd’hui, nous avons diversifié nos supports de promotion des articles : dans une newsletter quinzomadaire et dans un groupe Facebook communautaire.

Ce dernier exemple en date montre à quel point, en tant que média indépendant, nous sommes totalement soumis au bon-vouloir des géants des réseaux sociaux. À un moment, cela frisait même la dépendance. Nous sommes loin d’être les seuls, mais il fallait constamment adapter notre contenu à Facebook. D’abord en termes de format : les photos carrés, les vidéos adaptées au mobile. Ensuite sur le plan du contenu : il fallait produire des contenus « engageants », « divertissants », du lol. En 2017, on est allé jusqu’à recruter une éditrice vidéo pour répondre à ce besoin que tout le monde alors identifiait. Il a fallu réapprendre à faire ce que l’on faisait, traduire nos formats en vidéo, bref se réinventer au prix d’efforts éditorial et financier importants.

L’année dernière, le temps passé à penser et à exécuter la stratégie sur les réseaux sociaux a été considérable. Aujourd’hui, tous ces efforts me semblent vains après un simple changement d’algorithme et un post de Mark Zuckerberg. En ce début d’année, j’avais toujours la sensation de me battre contre des moulins à vent. Mais après coup, j’ai accueilli la nouvelle comme une excellente chose. En 2018, j’ai enfin arrêté de compter exclusivement sur Facebook pour faire connaître Cafébabel. Nous allons bien évidemment y rester mais nous allons dans le même temps consacrer davantage de temps à la recherche de nouveaux sujets, de nouveaux formats que nous vous présenterons via d’autres plateformes que Facebook. À construire autre chose comme de nouvelles formes de participations, d’autres services, des évènements ou de nouveaux partenariats.

À nous d’y réfléchir voir d’y inventer mais cette croisade contre les algorithmes m’a quand même appris quelques trucs. Dans l’équipe, nous connaissons désormais mieux nos lecteurs et nos contributeurs ainsi que ce à quoi ils aspirent. Facebook ou pas, le réel défi de cette nouvelle année sera donc de rassembler une vraie communauté autour d’un journalisme européen, participatif et exigeant.

Vous me suivez ?

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