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Albanie : sur le chemin de l’Union Européenne

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Bruxelles

À l’ouest de la péninsule des Balkans, la jeune République d’Albanie se construit petit à petit. L’Albanie a officiellement obtenu le statut de candidat à l'adhésion de l'Union Européenne le mardi 24 juin 2014. Stefan Füle, Commissaire européen à l’élargissement, a souligné à cette occasion que ce premier pas devait être un levier pour encourager les réformes démocratiques et judiciaires du pays.

Ancien basketteur, Edi Rama offre depuis un an un visage avenant de l’Albanie, un des pays les plus pauvres d’Europe. Maire de Tirana, la capitale, puis ministre de la Culture, il a formé en juin 2013 un gouvernement dont l’âge moyen est de 45 ans et comptant un tiers de femmes aux postes ministériels. 

La République albanaise a vu le jour en 1992. Après une dictature communiste menée d’une main de fer par le dictateur Enver Hoxha de 1945 jusqu’à sa mort en 1985, elle s’ouvre donc à la démocratie. Sa dictature, considérée comme l'une des plus répressives de l'histoire contemporaine européenne, a été un poids pour la constitution d’un nouvel ordre démocratique. Après les années de guerres civiles et le climat anarchique qui ont suivi son changement de régime, la République d’Albanie se lance donc sur le chemin de l’Union Européenne. En 2009, elle demande à l’Union de lui accorder la statut de candidat. Trois refus suivront de la part de Bruxelles et ce n’est donc qu’en juin dernier que la demande de l’Albanie a été acceptée.

Pourquoi a t-elle connu tant de difficultés ?  

Aux yeux de l’Union Européenne, l’Albanie connaissait un réel problème face aux questions de sécurité sur son territoire. La présence d’une mafia importante et influente dans le pays et au sein des Balkans accentue ce fléau. Le gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour développer un service de sécurité efficace, limiter les actions de la mafia et donc assurer une meilleure gestion du territoire et de sa population.

Pourtant, le système albanais reste aujourd’hui encore extrêmement corrompu. Il est articulé entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et les médias. Les élites proches du gouvernement utilisent les richesses de l’Albanie pour s’enrichir en profitant des investissements étrangers. De la même façon, les entreprises étrangères acceptent les arrangements avec le gouvernement car elles viennent faire en Albanie ce qu’elles ne peuvent pas faire chez elles.

L’Albanie a donc aujourd’hui bien des progrès à faire en termes de politique interne. Si le statut de candidat peut effectivement aider le pays à construire la démocratie et à se développer, il peut aussi encourager certains aspects pervers du modèle albanais qui repose sur la corruption des dirigeants au profit des entreprises étrangères et au dépit de la population. L’intégration des Balkans occidentaux dans l’Union européenne et notamment de l’Albanie suit l’élargissement logique de l’UE, selon Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’Institut Français des Relations Internationales. Avec son adhésion, l’Albanie pourrait jouer un rôle essentiel pour la stabilité géopolitique des Balkans. La voie européenne serait donc le meilleur moyen pour garantir et maintenir une région sans conflits et régler les différends au sein des Balkans, comme par exemple au Kosovo. L’Albanie se dit prête à affronter les nombreux défis qui l’attendent. La jeune République doit maintenant faire ses preuves et suivre le fil qui la mènera dans quelques années à intégrer l’Union européenne.