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Roumanie : frères ennemis

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Politique

Démis de ses fonctions par le Parlement en avril sur initiative de son Premier ministre Clin Triceanu, le Président roumain Traian Bsescu a appelé ses compatriotes à se prononcer sur sa destitution lors d'un referendum le 19 mai.

Membres depuis cinq mois de l'Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie ont quelques difficultés à s’adapter au tempo européen. Les deux nouveaux entrants devaient organiser leurs premières élections européennes afin de choisir leurs futurs représentants au Parlement de Strasbourg. Si Sofia s’apprête à élire dimanche 20 mai ses 18 eurodéputés bulgares, Bucarest a dû repousser l’échéance dans son pays.

Car la Roumanie s’enfonce aujourd’hui dans une crise politique interne de plus en plus complexe. Cela fait quelques mois que le Premier ministre Clin Triceanu a déclaré la guerre à l’actuel chef de l’Etat, Traian Bsescu, accusé d’‘attitude partisane’ et d’abus de pouvoir.

En avril, Triceanu initiait une procédure d’'impeachment' devant le Parlement pour obtenir la destitution de son ancien allié, au pouvoir depuis 2004. Le Président Bsescu, à la tête du Parti démocratique, a été suspendu de ses fonctions le 22 avril dernier, suite à un vote adopté par par 322 députés roumains contre 108.

Suite à cette décision, Bsescu a appelé ses compatriotes aux urnes : les citoyens doivent ainsi se prononcer à l’égard de cette décision lors du référendum du 19 mai et une majorité d’entre eux devraient voter contre. Selon un sondage d’opinion réalisé par l'institut Insomar, plus de trois quarts des Roumains (77,1%) disent qu’ils se rendront aux urnes samedi prochain et 79,1% de ceux-ci, qu’ils voteront contre la destitution du président Bsescu.

Le capitaine et l’ingénieur

Pourquoi alors un tel imbroglio ? Clin Triceanu et Traian Bsescu sont au pouvoir depuis 2004 et s'opposent depuis l'adhésion de la Roumanie.

Bsescu, 56 ans, est un ancien capitaine de marine marchande. Très populaire auprès de la population qui apprécie son franc parler et son tempérament de marin haut-en-couleurs : il n’hésite pas à dévorer des graines de citrouille au match de football, conduit après avoir bu et parle couramment le langage de la rue.

Triceanu, 55 ans, natif de Bucarest, est au contraire un intellectuel un peu terne. Diplomé en mathématiques et informatique, il ne fait guère preuve de plus d’audace qu’un employé de bureau.

En 2006, la liste des pays les plus corrompus publiée par l’ONG ‘Transparency International’ (TI) classait la Roumanie en 84ème position sur 163 pays. A l’époque, Bsescu incarne le champion de la lutte anti-corruption, élu notamment en 2004 sur un programme politique anti-fraude. Depuis le 1er janvier dernier, les attaques fusent. Triceanu est accusé par le président d’avoir participé à des manipulations boursières. Lequel est critiqué d’abuser de son pouvoir présidentiel.

Depuis, les deux hommes s’accusent mutuellement d’être soutenus par des groupes d’intérêts très puissants. Suite à la suspension de Bsescu, une élection présidentielle pourrait être organisée dans les trois mois, compliquant la mise en oeuvre par la Roumanie de réformes structurelles requises par l'UE et l'absorption de milliards d'euros d'aides européennes.

Translated from EU elections shelved in Romania