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« L’UE est une entreprise dont nous sommes tous actionnaires »

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Default profile picture stéphanie soudais

Dans un entretien avec café babel, l’eurodéputé magyar István Szent-Iványi livre ses réflexions sur la vision qu’ont les Hongrois de l’adhésion aux 25 de leurs voisins roumains et bulgares.

En mai 2004, la Hongrie a concrétisé son espoir d’intégrer l’UE en rejoignant le club des pays membres et peut désormais donner son avis sur l’adhésion de nouveaux membres. István Szent-Iványi, ancien secrétaire-adjoint au ministère des Affaires étrangères magyar, est convaincu que son pays n’a rien à craindre de l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie.

Quelles sont les craintes du citoyen hongrois concernant l’élargissement de l’UE ?

Dans l’ensemble, je ne pense pas que la société hongroise redoute l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie. Bien sûr, il existe quelques inquiétudes, concernant par exemple l’arrivée d’une main d’œuvre roumaine bon marché. Mais ce qui rend le problème plus délicat, c’est que pour des raisons historiques -le rattachement à la Roumanie de la Transylvanie, alors région hongroise-, les Hongrois se méfient de leurs voisins. Néanmoins, l’entrée de Bucarest représente un intérêt non seulement politique mais également économique pour la Hongrie. Tout d’abord pour les multinationales hongroises qui investiront en Roumanie mais également pour les centaines de petites et moyennes entreprises (PME) qui ont réussi à établir des accords de coopération stables avec leurs partenaires roumains. Outre ces avantages économiques, l’adhésion de la Roumanie offrira la possibilité de réaliser en commun des investissements en matière d’infrastructure et de projets régionaux

Au niveau politique, quelles sont les inquiétudes ?

Elles concernent l’allocation des fonds européens, car plus il y a d’États membres, moins chacun en perçoit. Il semble que les grands États soient devenus plus radins et refusent de consacrer plus de 1% de leur revenu national brut au budget de l’Union. Les citoyens européens sont exaspérés par cette situation. Ceux qui chipotent sur des petites sommes ont complètement oublié que l’objectif commun est d’augmenter la compétitivité communautaire. L’Union devrait être considérée comme une entreprise dont nous serions tous les actionnaires. Notre objectif serait alors naturellement la réussite globale de l’entreprise.

Pensez-vous que la Roumanie et la Bulgarie soient prêtes à rejoindre l’UE ?

Les hommes politiques ont tendance à agir en fonction des craintes de la population, ce qui explique pourquoi de nouvelles clauses ont été ajoutées aux traités d’adhésion et pourraient repousser à 2008 l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie. Il est important de noter que ce report ne serait pas imputable au manque de préparation des deux pays, mais plutôt aux problèmes récents de l’Union européenne ; en d’autres termes, c’est un geste envers les citoyens. En tout cas, je ne considèrerai pas ce délai comme une tragédie. Certes, cela signifierait une perte de prestige pour ces deux pays, mais pour être honnête, une adhésion en 2007 serait financièrement désavantageuse pour la Roumanie : une fois membre de l’UE, elle recevrait beaucoup moins de subventions que ce qu’elle perçoit actuellement des fonds de pré-adhésion.

L’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie donnera-t-elle plus de poids aux pays qui ont intégré l’UE en mai 2004 ?

Les dix-huit derniers mois ont montré que les nouveaux États-membres ne peuvent se faire entendre que s’ils parviennent à rattacher à leur cause au moins un des pays fondateurs. Même si les 10 nouveaux pays votaient la même chose au Parlement européen, le total de leurs voix ne suffirait pas à obtenir la majorité. Il est donc clair que l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie va augmenter le poids des nations de taille moyenne (de 8 à 20 millions d’habitants). Cependant, bien que les 10 membres de l’est aient des intérêts communs, cela ne signifie pas qu’ils doivent agir toujours de concert.

Translated from “The EU is an enterprise where all of us are shareholders”