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La réponse des universités milanaises au COVID-19

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Cécile Vergnat

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À l'heure où la mobilité étudiante en Europe a pris un grand coup, comment ont réagi les universités les plus connues de Milan au COVID-19 ? Qui sont les acteurs de la société civile qui se retrouvent face aux défis engendrés par la pandémie ?

Sur le Vieux Continent, la plupart des États membres ont décidé de fermer les écoles et les universités afin de réduire la propagation de la pandémie. Il a fallu repenser les modalités d’enseignement, ce qui a créé un impact immédiat sur les établissements scolaires, les enseignants, les étudiants et leurs familles. Le passage à l’enseignement numérique a donné lieu à de nouvelles opportunités mais aussi à différents défis. « L’Europe fait face à une période très compliquée de son histoire. Le coronavirus a mis à rude épreuve la résistance de l’Union Européenne et la réponse des institutions se sont inscrites dans la lignée de la relance du projet commun avec courage et clairvoyance. À présent il faut repartir avec les jeunes », a déclaré Domenico de Maio, directeur de l'Agence nationale italienne pour les jeunes, à l'occasion de la fête de l'Europe le 9 mai 2020.

« La mobilité européenne doit reprendre avec davantage de ressources et d’outils. »

« La Journée de l’Europe doit être un point de départ sur lequel réfléchir à propos de l’Europe que nous voulons. Et je suis certain que le futur sera écrit par les jeunes qui durant cette épreuve difficile de relance du projet n’ont jamais cessé de croire en la force du projet européen. Durant cette phase délicate ce sont leurs initiatives spontanées qui ont montré l’élan le plus sain et concret d’une solidarité entre les nations, ce fût un exemple de grande union. Je pense à tous ces jeunes étrangers qui au moment du confinement se trouvaient en Italie et ont choisi d’aider la communauté qui les accueillait. Je pense à tous ceux qui ont continué de croire aux programmes Erasmus+ et Corps Européen de Solidarité en présentant de nombreux projets à notre agence », a conclu Domenico de Maio en rappelant que « la mobilité européenne doit reprendre avec davantage de ressources et d’outils ».

Revenons en arrière. Que s’est-il par exemple passé en Italie ? Comment se sont comportées les universités italiennes les plus réputées pendant le COVID-19 ?

La solidarité des facs

Sur le site de la CRUI (Conférence des recteurs des universités italiennes) on peut visionner les vidéos réalisées par certaines facs pour comprendre comment le poumon de l’enseignement en Italie s’est organisé pendant la crise. L’initiative s’appelle « Le mur qui unit », et le hashtag #viciniadistanza représente une véritable narration visuelle emplie d’émotions : des professeurs qui donnent des cours, des élèves qui les suivent depuis chez eux, des étudiants des régions méridionales qui obtiennent leur diplôme à distance, loin des murs de leurs universités et des villes du centre-nord qui les ont accueillis pendant plusieurs années.

Il muro che unisce
Le mur qui unit

Intéressons-nous maintenant aux tendances qui se sont imbriquées entre le Covid-19 et les universités. Par exemple, l’université de Communication et de Langues (IULM) a décidé d’aider les familles des étudiants en difficultés avec trois mesures. D’abord le paiement des frais universitaires de mars à mai est reporté. Ensuite, les prêts totalement exonérés par les universités ont été repensés. Mais la nouveauté la plus importante est que le CDA (Conseil d’administration, ndltr) a mis à disposition un fonds d’un demi million d’euros pour garantir le droit d’étudier et aider les jeunes dont les familles ont été touchées par le Covid-19. Le fonds d’urgence est destiné à ceux qui ont perdu un parent, qui ont assisté à la faillite, la fermeture forcée de l’entreprise familiale, ou encore au licenciement d’un parent en l’absence d’autre salaire et d’héritage.

L’Université Catholique de Milan, en perspective d’un retour futur et progressif des activités d’enseignement en présentiel, a quant à elle constitué le fonds « sauver les études Agostino Gemelli », fonds nommé ainsi en référence au fondateur de l’université. Il s’agit aussi d’un outil concret destiné aux inscrits qui avec leurs familles, ont économiquement été impacté par le Coronavirus. Le fonds Agostino Gemelli offrira immédiatement un soutien basé sur des évaluations spécifiques et aura pour objectif d’octroyer des ressources financières destinées à faire face aux frais d’inscription. Il s’agit, d’une certaine manière, d’un investissement sur le talent et sur les compétences des jeunes pour faire repartir La Botte.

De son côté, l’université d'économie Bocconi a décidé de réduire le nombre de crédits actuellement nécessaires pour valider l’année 2020-21. L’université a par ailleurs signé la déclaration conjointe avec les présidents de l'Université européenne de Sciences sociales (Civica) qui souligne le rôle des sciences sociales et de l’enseignement supérieur pendant et après la crise du Covid-19. Civica est une alliance de huit universités : la Bocconi (Italie), la Central European University (Hongrie), la Hertie School (Allemagne), Science Po (France), Snspa (Roumanie), la Stockholm School of Economics (Suède), l'European University Institute (Italie) et la London School of Economics (Grande Bretagne). L'alliance a été sélectionnée par la Commission européenne en tant que projet pilote de la nouvelle Initiative des universités européennes (European Universities Initiative), qui comporte les missions suivantes : assumer pleinement la responsabilité politique des européens envers les générations futures, augmenter la portée des sciences sociales dans le monde compétitif de l’enseignement supérieur, participer au grand plan collectif pour transformer le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Pour finir, la Nouvelle Académie des Beaux-Arts (NABA) fondée à Milan en 1980, collabore au projet Instant Corona, le film collectif qui évoque Milan pendant la crise du Coronavirus. Une façon de raconter à travers l’art et le cinéma la réalité singulière à laquelle le chef-lieu lombard a dû faire face.

L’impact du COVID-19 sur les activités de mobilité européenne

L’Italie participe également à des projets internationaux consacrés aux nouvelles générations. D’une certaine façon, aujourd’hui, plus que jamais, il faut des connexions et des partages de valeur. Biljana Dajic, référente d’Eurodesk, qui coordonne les programmes Corps Européen de Solidarité, Erasmus+ et Europe for Citizens, est ambassadrice de la mobilité européenne et membre du réseau italien des EuroPeers.

De quoi s’agit-il ? « Le réseau _EuroPeers se base sur le partage d’expériences avec tous les autres pays qui désirent en savoir davantage sur les projets d’échanges formateurs. Nous faisons plus spécifiquement référence à Erasmus+, au Corps Européen de Solidarité et aux initiatives qui s’adressent aux jeunes en général_ », explique Biljana. Le réseau concerne « les jeunes de toute l’Europe pour partager leurs pensées, leurs idées et en premier lieu leurs expériences. En résumé, les _EuroPeers sont considérés comme les “ambassadeurs” des opportunités de mobilité européenne_ ».

Quels sont les objectifs spécifiques du programme ? « Informer et motiver les jeunes à explorer les opportunités en matière d’enseignement non formel, augmenter la conscience à propos des sujets européens liés aux jeunes générations, cibler d’autres jeunes via une approche d’égal à égal basée sur leur parcours personnel ».

Le Covid-19 a évidemment également impacté la mobilité européenne des jeunes et des étudiants Erasmus : « La récente épidémie de Covid-19 a eu des répercussions négatives sur les activités mondiales en cours et planifiées. Les mobilités européennes n’ont pas fait exception. Pourtant, à certains endroits, la situation actuelle semble avoir stimulé une évolution positive. Certains projets européens se sont poursuivis de façon différente », affirme Biljana. [Sara Ibrahimi]https://www.instagram.com/tv/CAx3MNhC6gV/?igshid=1vgwsblejnr7z) est rentrée en Italie depuis Madrid, le 30 mai dernier à cause du Covid-19. Ne pouvant pas poursuivre ses activités à l’extérieur, elle a décidé d'organiser un cours de langue espagnole via Skype, en tant qu'"EuroPeer".

Europeers
Europeers

Les médias nationaux diffusent aussi les histoires des bénévoles européens touchés par le Covid-19. Dans cette optique, l'Ang inRadio, porte-voix des initiatives de l’Agence nationale pour les jeunes, informe et se tient à l’écoute des jeunes d'Italie et de toute l’Europe. « Ces derniers, sont souvent les protagonistes des émissions de radio aux côtés d’experts du monde de la politique, de la culture, de l’information, du travail, et de la société », explique Biljana. La radio numérique de l’Agence nationale des jeunes crée un lien très important et devient un moyen de communication accessible pour raconter les histoires d’engagement social de nos bénévoles, surtout en cette période plus que difficile. « En écoutant cette radio, les jeunes peuvent trouver un soutien et puiser de l’énergie pour poursuivre leurs initiatives ». Le rôle des EuroPeers est donc aussi celui de relier, motiver, soutenir et de renforcer ces deux points de rencontre. Ou, comme conclut Biljana, « d’inspirer la collaboration ».


Translated from Digital Tsunami: l'impatto del COVID-19 sulle università di Milano e la mobilità europea