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Jamaica : « on a été sage, hyper-sage »

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CultureGarage à beats

Meilleur concert des derniers Solidays mais aussi l’un des meilleurs groupes français de ces 5 dernières années, Jamaica a fait comme les plus grands en allant pimper son deuxième album, Ventura, aux States. Sous la pluie mais le vent dans le dos, les deux membres fondateurs déroulent leurs secrets de fabrication. Mais aussi leur vie entre Paris, LA, Lisbonne, Daft Punk et la fille de Lio. 

cafébabel : Paraît-il qu’à l’origine, le groupe s’est monté grâce à vos ex ?

Antoine Hilaire : On s’est rencontré grâce à nos ex. Elles étaient meilleures amies. On les voit plus trop mais bon sans ma meuf de l'époque, je n’aurais jamais rencontré Flo.

cafébabel : À quel moment en êtes-vous venus à parler musique ?

Florent Lyonnet : Très vite. Je faisais un peu de musique avec un pote et on avait besoin d’un chanteur. Comme Antoine chantait on l’a fait venir dans notre studio. Et Antoine, par la suite, m’a proposé de jouer dans Poney Poney, son groupe d’alors.

Antoine : Perso, je sortais d’une période de creu musical. Je faisais des concerts tout seul avec mon Ipod et Flo me filait des instrus. Puis je me suis fait volé mon Ipod, du coup j’ai proposé à Flo de venir jouer avec moi. 

Jamaica - Two On Two. Premier extrait de l'album Ventura.

Justice, Daft Punk et un acteur porno

cafébabel : Votre deuxième album, Ventura, a été réalisé entre Paris et Los Angeles. On a comme l’impression que c’est une mode maintenant, non ?

Antoine : On a fait notre premier album avec Xavier de Rosnay de Justice et Peter Franco l’ingénieur du son. Quand on a bossé sur le second album, on a recommencé à bosser avec Peter qui nous a proposé de transformer une maison en studio. 

cafébabel : Vous l’avez éclatée non ?

Florent : Pas du tout. On a juste payé un supplément pour avoir fumer des clopes.

Antoine : 200 dollars quand même. Tout ça parce qu’on a fumé des clopes à l’intérieur lors d’une seule et unique soirée. Mais il y avait quand même du passage. Il y a même des prises de voix où on entend un ami bloggueur, sa cousine… sur la terrasse. Mais c’est vrai qu’on aurait pu potentiellement faire de grosses teufs.

Florent : On a été sage, hyper-sage.

cafébabel : Le fait d’être aller enregistrer en Californie a–t-il donné une teinte à l’album ?

Florent : Bien évidemment. La musique californienne, on sur-kiffe. Quand tu sais que tu vas partir à LA pour enregistrer, il y a d’un coup un truc un peu plus solaire qui conditionne ton processus d’écriture. Il y a forcément une influence. Par exemple, je suis persuadé que la French Touch a été conditionnée par son environnement. Parce qu’à Paris, on n'a pas de garage, on n'a pas de trucs pour répéter, ça coûte super cher. Tout le monde fait de la musique dans des petits lieux, avec son propre matos. 

Antoine : Se déraciner était aussi important. À Paris, il y a toujours un moment où un mec te dit qu’il a un dîner ou qu’il doit aller voir ses parents. Ça coupe le rythme. À L.A., on était ensemble H24.

cafébabel : Vous êtes restés cloîtrés ou vous êtes un peu sortis ?

Antoine : On n’est vraiment pas beaucoup sorti. On a été prendre un apéro chez Metronomy, au guitar center pour acheter des cordes… La grande sortie, c’était chez Casa Vega, le grand restaurant mexicain de L.A. C’est là où traînaient les musiciens de Toto. Et le dernier soir, il y avait Ron Jeremy, l’acteur porno. Ils font des Margaritas formidables avec de la nourriture hyper grasse et du fromage qui coule partout. On a adoré. 

Florent : C’est un endroit anthologique. Tous les musiciens de Los Angeles qu’on adore allaient tout le temps bouffer là-bas.

Antoine : Puis, on a fait quand même une excursion au studio des Daft Punk pour leur emprunter du matériel. C’était grand. 

« Dépouillé au couteau à Lisbonne »

cafébabel : Vous n’êtes pas un groupe de hip-hop mais c’est bel et bien le rap qui vous a rapprochés.

Florent : On a tous les deux grandi dans les années 90 avec la compilation Rapattitude donc on baignait dedans. Mais toujours en écoutant du rock. Perso, j’ai trouvé mon juste milieu avec les Beastie Boys qui a vraiment fait ma culture d’ado et qui m’a emmené à écouter de la soul, du reggae, du punk. Ça nous a effectivement rapprochés parce qu’on a  vécu les mêmes trucs, et qu’on en a vachement parlé.

cafébabel : Sur votre page Wikipédia, il est précisé que vous êtes en couple depuis un an.

Antoine : Ouais mais non (rires). Mais c’est marrant et je serais curieux de savoir qui tient notre page wikipédia. Quelqu’un de très attentif en tout cas parce que ça part d’une vanne sur une interview du Mouv’, et il fallait la choper.

cafébabel : D’ailleurs cette émission s’appelle « Jamaica et les bidonvilles de Lisbonne ». Quel est le rapport ?

Florent : On était invité avec un réalisateur d’origine portugaise brillant qui habite dans les bidonvilles de Lisbonne et qui en a fait un film. Un mec un peu caillera, Basil Da Cunha. (qui a réalisé Après la Nuit, ndlr).

cafébabel : Vous y connaissiez quelque chose ?

Florent : J’avais lu un tout petit article sur ce fait caché des bidonvilles du Portugal et notamment de Lisbonne qui ne sont pas du tout connus et que l’État essaie de dissimuler.

Antoine : Moi, je me suis fait dépouiller au couteau à Lisbonne donc j’en avais eu un aperçu. Deux mecs nous ont mis un couteau sur la gorge, ma meuf et moi, nous ont vidé les poches. On peut rien faire contre un couteau…

Jamaica - I Think I like U 2. Le vrai premier tube du groupe avec plus d'un million de vues au compteur.

cafébabel : Un dernier truc. Qui de vous deux a été coach personnel pour The Voice ?

Florent (qui baisse gravement la tête) : C’est moi. Tu connais Paris et son milieu et pour être cool, faut être cool jusqu’au bout des doigts. Moi je m’en fous j’ai une approche beaucoup plus ouverte, malgré mon teddy nike. Mais bref, j’ai été assistant-coach en Belgique sur The Voice avec Lio. Je ne regrette pas, j’ai adoré. J’ai rencontré des jeunes artistes qui chantent mille fois mieux que moi. Une super expérience. Après, c’est vrai qu’on me fait un petit chier avec ça. 

cafébabel : Vous connaissez bien la fille de Lio d’ailleurs ?

Florent : Ouais ouais, c’est mon ex. Et c’est fini depuis deux semaines. 

À écouter : 'Ventura' de Jamaica (Cooperative Music)

À voir : à l'ouvre-boîte à Beauvais, le 26 septembre prochain et à La Maroquinerie à Paris le 11 octobre.

Story by

Matthieu Amaré

Je viens du sud de la France. J'aime les traditions. Mon père a été traumatisé par Séville 82 contre les Allemands au foot. J'ai du mal avec les Anglais au rugby. J'adore le jambon-beurre. Je n'ai jamais fait Erasmus. Autant vous dire que c'était mal barré. Et pourtant, je suis rédacteur en chef du meilleur magazine sur l'Europe du monde.